Construit ton propre loft!

5 april 2005

Carla Dejonghe

Construit ton propre loft!

De plus en plus de gens cherchent une habitation à Bruxelles. Beaucoup de jeunes familles sont attirées par la ville et veulent y rester. Il est pour eux souvent très difficile de trouver un bien abordable. C’est pour cela que Carla Dejonghe se penche sur le fonctionnement de la Société de Développement pour la Région de Bruxelles-Capitale (SDRB).

Carla Dejonghe: Attirer les jeunes gens vers la ville est d’une importance vitale pour la qualité de vie de notre région. Tant directement, en payant les contributions, qu’indirectement, par la consommation, ils sont financièrement important pour Bruxelles. Il est aussi important qu’une ville ait une bonne mixité sociale. Il n’est pas concevable que Bruxelles devienne une ville à deux vitesses, où il y aurait seulement de la place pour les pauvres ou les riches. Si vous savez qu’environ ¼ de la population bruxelloise est pensionnée, nous devons aussi se poser des questions.

Vous voulez que la SDRB fasse plus d’efforts pour aider les jeunes familles à trouver une habitation à Bruxelles?

Carla Dejonghe : C’est le but. La SDRB en est l’instrument parfait. Elle a en fait deux tâches. A l’origine, elle a été créée afin de soutenir l’activité économique dans la Région de Bruxelles-Capitale. A partir de 1989, sa mission a été élargie et la SDRB s’est consacrée à la construction de logements pour particuliers, selon le principe de la coopération entre le publique et le privé.


Pouvez-vous expliquer cela ?

Carla Dejonghe : Cette coopération signifie donc que la SDRB, en tant qu’entreprise publique, coopère avec des entrepreneurs privés pour bâtir des logements. Cela implique entre autre que le financement est divisé. La SDRB donne un subside de 25%. Cela signifie qu’un acheteur peut acheter un logement qui coûte 25% moins chère que le prix effectif.

Mais c’est là que ça tourne mal ?

Carla Dejonghe : Je ne dirai pas cela ainsi, mais dans la pratique il existe en effet des problèmes. Parce que la SDRB n’est pas toujours aussi efficace dans l’adjudication et l’étude du marché, le prix demandé au préalable n’est quasiment jamais atteint. C’est pour cela que le coût total du projet est gonflé, ce qui enlève l’avantage que beaucoup de familles avaient initialement.

En ce qui concerne cette dernière, vous avez une proposition à ce sujet. Expliquez-nous.

Carla Dejonghe : Vu le fait que la SDRB est momentanément presque littéralement noyé dans le travail et qu’il y a près de 2.500 personnes sur les listes d’attente, il serait peut-être intéressant de travailler d’une autre façon. Je propose que la SDRB sélectionne parmi la liste d’attente quelques personnes capables, motivées et intéressées qui pourraient s’occuper de l’étude de marché et de l’adjudication eux-mêmes. Maintenant, la SDRB ne travaille qu’avec des entrepreneurs privés et les acheteurs ne sont impliqués dans le projet qu’à la fin. Sur la liste d’attente il y a sans aucun doute des gens qui sont parfaitement capable de réaliser pareil projet. En leur donnant un subside, en leur pourvoyant un terrain à bâtir et en leur assistant juridiquement, l’acheteur d’un logement de la SDRB reçoit ainsi plus de voix dans le caractère du bâtiment.

Ne craignez-vous pas que vous allez attirer ainsi plutôt un publique élitaire d’architectes et ingénieurs, que nous ne pouvons pas qualifier tout de suite comme faisant partie de la classe moyenne ?

Carla Dejonghe : Je ne pense pas. Ne me comprenez pas mal ; je ne plaide pas pour un changement des buts ou des conditions de la SDRB. Je propose seulement de sélecter ces gens sur la liste qui possède ces compétences nécessaires afin de guider un projet de logement, comme le font quotidiennement des centaines de personnes en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles quand ils construisent leur maison. La seule différence est que tu ne le fais plus tout seul, mais en groupe. C’est pour cela que les candidats doivent d’abord créer une société coopérative. Les précédents existent déjà à Bruxelles. Le but n’étant pas de jouer à l’architecte ou d’installer l’électricité et les conduites d’eau soi-même. Je suppose que les gens sauront bien par eux-mêmes combien d’argent ils voudront dépenser. En leur faisant faire l’étude de marché, ils arriveront sans aucun doute à une manière de travailler plus avantageuse. De plus, ceci est aussi naturellement en faveur de la SDRB.

Vous-voulez aussi mettre à jour l’idée des lofts ?

Carla Dejonghe : En effet, surtout parce que je pense que les deux histoires sont parfaitement à combiné. Comme vous le savez peut-être, la résolution loft de mon collègue Sven Gatz a été adoptée par le Parlement Bruxellois lors de la dernière législature. Il s’agit là de l’encadrement juridique de vivre dans les lofts et la construction collective de logements. Maintenant, il paraît cependant qu’il n’en est encore rien passé. Et ça tandis que le loft est le logement de ville moderne par excellence qui devient de plus en plus populaire, aussi et surtout auprès d’un public jeune.

Est-ce que la même histoire ne s’applique-t-elle pas pour la construction d’un logement soi-même ? Est-ce que les lofts ne sont-ils pas réservés à un public jeune et fortuné ?

Carla Dejonghe : Je dois vous contredire. C’est en effet comme ça que les lofts attirent un public plus jeune et qualifié, mais ce n’est pas nécessairement une conséquence du prix. Il est relativement bas. J’aimerais référer à l’architecte Marcel Rydams qui il y a quelques semaines citait dans Brussel Deze Week ; les soi-disant lofts casco (ndlr : espaces lofts avec eau, électricité et fenêtres et portes, mais qui n’est pas terminé pour le reste) sont en faite beaucoup moins chères qu’une habitation de la SDRB. Ils sont spacieux, à améneger soi-même et branché; que demander de plus? Il existe une très grande demande. La SDRB pourrait jouer là-dessus.

Est-ce que la SDRB ne dévie-t-elle pas trop de ses buts avec cela ?

Carla Dejonghe : Je pense que non. Parce que quels sont au fond les buts de la SDRB ? La construction de logements abordables et de qualité pour les familles des classes moyennes. Un loft satisfait tout à fait à ces conditions. De plus, si la SDRB s’y met, elle peut finaliser un plus grand nombre de projets avec les mêmes budgets et dans les mêmes délais. Vu les énormes listes d’attente, cela me paraît une bonne solution.

Vous parlez ici de charge de travail. Est-ce que cela ne sera pas plus grand pour la SDRB quand son fonctionnement sera élargi ?

Carla Dejonghe : Ceci doit encore être analysé, même si je pense que non. Il s’agit ici plus d’une diversification que d’un élargissement des tâches. La SDRB aura peut-être plus de travail administratif. Mais la SDRB ne devra pas suivre chaque projet et exécuter du concept à la livraison. Et ceci leur épargne beaucoup de temps et d’énergie. Je veux souligner qu’il s’agit ici d’une proposition. Je veux surtout analyser de quelle façon la SDRB peut aider les gens trouver une habitation abordable et confortable à Bruxelles. La SDRB doit donc être plus créative dans l’exercice de ses fonctions. Il est vrai aussi que certains quartiers à Bruxelles ont besoin d’air frais et la SDRB peut y jouer un rôle.

De l’air frais dans une métropole. Que pouvons-nous comprendre là-dessous ?

Carla Dejonghe : Comme vous le savez ; la viabilité de Bruxelles est pour le VLD un sujet très important. Nous sommes convaincus que Bruxelles a énormément de choses à offrir aux jeunes ménages. C’est pourquoi nous voulons encourager les gens à venir vivre à Bruxelles. Les projets comme ceux de la SDRB ont l’avantage qu’ils ont un impact sur tout un quartier. La rénovation de bâtiments engendre un nouveau dynamisme. Vous le remarquez vous-même en vous promenant à Bruxelles. Vous remarquez qu’il y a de plus en plus de quartiers qui, il y a dix ans étaient invivables, ont reçu un nouvel élan maintenant, parce qu’il y a des gens qui sont venus habiter et qui considèrent la ville comme leur biotope et qui ont investi sur le long terme dans l’achat et la rénovation d’une maison dans la ville.