Le ministre Smet doit prendre ses responsabilités

25 février 2010

Ann Brusseel, Herman Mennekens

L'introduction de la procédure de demande d’admission par voie électronique dans les écoles néerlandophones à Bruxelles a démontré, une fois de plus, l’évidence douloureuse du manque de places dans l'enseignement néerlandophone Bruxellois. Ce problème avait déjà été révélé par une étude effectuée par Rudy Janssens à la VUB.

Ce problème de capacité va s’empirer dans les années à venir. Selon des statistiques récentes du bureau national du plan, la population Bruxelloise va continuer à augmenter de façon explosive dans les années à venir et sera de plus en plus jeune. Dès lors, l’urgence d’une approche réfléchie pour une expansion de l’offre en matière d’enseignement dans la capitale s’impose.

Dans ce contexte justement, le ministre compétent Pascal Smet à l’air de faire une fixation puisqu’il refuse carrément de reconnaître qu'il y a réellement un problème de capacité. Son attitude est préjudiciable. Ann Brusseel et Herman Mennekens, respectivement députés flamand et Bruxellois réagissent étonnés: « Comment peut-on être aussi déconnecté de la réalité? ».

La démographie est ce qu'elle est. Dans les prochaines années nous aurons besoin de 15.000 nouvelles places dans l'enseignement Bruxellois. Il faudra donc créer 3000 places dans l’enseignement néerlandophone d’ici là, pour maintenir la proportion actuelle de l’offre. Si la Communauté flamande ne prend pas ses responsabilités en la matière, la Communauté française va devoir tout faire toute seule. Est-ce vraiment ce que Smet veut? Si personne ne fait quelque chose maintenant, nous aurons une génération d’enfants sans scolarisation dans la rue. Bruxelles, le nouveau Mexico-city ... ? « Ce n'est certainement pas l'option que nous défendons » a déclaré Herman Mennekens.

Les parlementaires de l’Open VLD appellent le Ministre flamand Smet à faire face à ses responsabilités sur le plan sociale. «Il ne s’agit pas ici de créer des petits «Vlamingskes». Il s'agit tout simplement d’offrir un enseignement décent à tous les enfants Bruxellois sans exception afin d’optimiser leurs chances sur le marché de l’emploi et de leur donner la possibilité de vivre libres demain. Smet va-t-il également nier les problèmes de capacité à Anvers ou à Gand sous prétexte qu'il ya trop d'enfants d'origine immigrée?" se demande Ann Brusseel.

Enfin, Brusseel et Mennekens soutiennent l’appel de Magda Deckers (du centre d’expertise sur l’enseignement Bruxellois VBB) pour l’arrêt des affabulations au sujet du manque supposé de qualité dans l'enseignement néerlandophone à Bruxelles: "Avec de tels jeux politiques on ruine l'ambiance dans nos écoles, on commet une injustice à l’encontre de milliers d'enseignants et de directions et on décourage les enseignants qui décident en fin de compte de laisser Bruxelles de côté préférant une place en province."