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Cinéma & Economie

30 janvier 2009

Jean-Luc Vanraes

Les députés libéraux Marion LEMESRE (MR) et Jean-Luc VANRAES (OpenVLD)
démontrent le potentiel économique du secteur de l’audiovisuel en Région bruxelloise et réclament la mise en placed’une véritable politique structurelle de soutien à l’industrie cinématographique.

Marion LEMESRE, Vice-Présidente du Parlement bruxellois est l’auteur de la proposition d’ordonnance (dont l’examen a été suspendu) portant création d’un fonds bruxellois de financement de l’industrie audiovisuelle (« Bruxellimage »).

Jean-Luc VANRAES, Président de la Vlaams Gemeenschap Commissie est l’auteur de la résolution qui sera votée ce jour par le Parlement, relative au développement d’une politique cinématographique bruxelloise.

Tous deux plaident pour la création d’un fonds bruxellois, ceci afin de concentrer et cumuler tous les mécanismes de financement public et privé au bénéfice de l’industrie cinématographique bruxelloise.

D’une façon générale et dans le cadre de la « mondialisation immatérielle » qui s’installe, le rapport économie-culture fait l’objet de nombreux débats internationaux, notamment sur l’exigence d’un chiffrage statistique de la culture comme dans d’autres secteurs économiques – quel que soit le statut particulier des biens culturels.

Sans plaider pour une régionalisation de la culture (dont les politiques de subventionnement culturel doivent rester communautaires, insistent les députés libéraux), il est temps en Région bruxelloise – à l’instar des deux autres régions du pays et  de nombreuses régions d’Europe – de considérer la culture aussi comme  une industrie qui participe au Produit Intérieur Brut, crée des emplois, génère des retours sur investissements et participe à la création de richesses, pas seulement culturelles.
Plus particulièrement encore dans une Ville-Région comme Bruxelles et dans la situation économique actuelle, il est indispensable de mieux marquer le lien industries culturelles et développement durable ainsi que promotion d’un niveau de vie de qualité.

Les députés libéraux partent notamment des constats préalables suivants et des chiffres ci-dessous démontrant  toute l’importance et la vivacité de ce secteur :

Ce secteur regroupe aujourd’hui en Belgique quelques 3.000 entreprises .
A Bruxelles, il concerne quelques 1.300 entreprises (indépendants compris). Les communes où elles sont principalement installéee sont la Ville de Bruxelles, Schaerbeek, Saint-Gilles, Evere, Koekelberg et Ixelles.
Mais ces chiffres traduisent cependant mal la diversité et le degré de spécialisation du secteur (voir tableau ci-dessous).

La Belgique est un pays d’excellente réputation et actuellement compétitive dans ce secteur, cependant très exposé sous l’angle de la compétition internationale.
La Commission européenne s’est d’ailleurs fortement engagée à soutenir ce secteur depuis 2001 tandis que la création de Wallimage en 2000 et l’entrée en vigueur du Tax Shelter mis au point par le Ministre des Finances Didier Reynders en 2003 ont largement dynamisé la production cinématographique dans le sud du pays.  Le Vlaams Audiovisueel Fonds et des villes comme Gand ou la province de Flandres orientale apportent également un soutien important à la production audiovisuelle néerlandophone (en coproduisant parfois avec Wallimage).

A l’heure actuelle, la dimension économique de ce secteur est globalement peu reconnue par les autorités régionales bruxelloises à l’inverse des autres régions du pays et provoque une situation de distorsion de concurrence ainsi que de discrimination à l’embauche extrêmement préjudiciable aux entreprises et aux techniciens bruxellois.

Pourtant, il apparaît clairement à Bruxelles que :
- en termes d’emplois directs : 1.800 personnes sont concernées auxquelles il convient d’ajouter les indépendants partiels ou temps pleins de l’ordre de 300 personnes soit quelques 2.100 emplois,
- en termes d’emplois indirects, l’estimation est plus difficile mais bien réelle dans les secteurs de l’horeca notamment.

Consultez ici les opérateurs bruxellois intervenant dans la confection de l’œuvre, quelle que soit sa nature : long-métrage, docu, animation, téléfilm, corporate...

En conclusion, grâce aux initiatives parlementaires prises par le MR et l'OpenVLD, des auditions du secteur et des débats en commission des affaires économiques ont pu aboutir au vote à l’unanimité des partis démocratiques d’une volonté de voir se créer en Région bruxelloise une politique forte et structurelle de soutien et de développement de l’industrie audiovisuelle.  Dans cette optique, le MR et l'OpenVLD s’engagent à en faire un des points-pivots du programme de la prochaine majorité gouvernementale impliquant la régionalisation de la structure « Bruxelles-Tournage » (actuellement subventionnée par la Ville de Bruxelles et la COCOF) et la constitution d’un fonds bruxellois doté d’un capital de départ de 2,5 millions d’euros.

Jean-Luc VANRAES (Open Vld) & Marion LEMESRE (MR)