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Sven Gatz donne un deuxième vote aux bruxellois

26 février 2009

Sven Gatz

Sven Gatz a conçu une proposition qui attribuera une deuxième voix à tous les bruxellois aux élections régionales. Avec cette idée, il lance l’adaptation du fonctionnement de la démocratie bruxelloise à la réalité : les bruxellois travaillent, étudient et se détendent tous ensemble et ne se font pas enfermer dans une des deux communautés, ni la flamande, ni la française. Pour que cette situation actuelle se traduise aussi dans la gouvernance et la politique de la région, Sven Gatz propose un deuxième vote au libre choix.

L’adaptation de la loi spéciale relative aux institutions bruxelloises à la réalité bruxelloise

Les bruxellois élient leur parlement régional, selon les règles de la loi spéciale relative aux institutions bruxelloises, le dernier ajustement datant de 2001. Ce parlement de la Région de Bruxelles-Capitale consiste de 17 sièges réservées pour des membres néerlandophones et de 72 sièges réservées pour des francophones. Ces élus sont tenus à une appartenance linguistique, ce qui fait qu’ils ne peuvent pas représenter l’autre groupe linguistique. Les bruxellois votent alors sur base de langue : dès que le choix entre le néerlandais ou le français est fait, l’électeur ne peux que choisir entre les candidats néerlandophones ou francophones.

En effet, cette appartenance linguistique a toujours une grande importance à Bruxelles : la gestion de la culture, de l’enseignement et de la politique sociale se fait en une des deux langues. Des recherches démontrent que 70% des bruxellois sont élevés qu’en néerlandais ou qu’en français. Beaucoup de primo-arrivants, eux aussi, adoptent une de ces deux langues comme langue de famille.

Cependant, l’introduction du deuxième vote à Bruxelles est logique et légitime. La dualité décrite est fortement à nuancer par trois tendances qui se passent à Bruxelles : le nombre élevé et croissant de personnes bilingues et de familles bilingues néerlandais/français qui ne peuvent pas être classées dans cette dualisation ; le nombre diminuant de personnes qui grandissent unilingue néerlandais ou français ; le nombre croissant de bruxellois qui parlent  une tierce langue, entièrement ou partiellement.

Depuis longtemps, Bruxelles est conçue comme une région avec deux communautés. Au cours des deux dernières décennies, la VGC, la COCOF ainsi que les Communautés Flamande et Française ont développé leurs institutions et équipements. Les bruxellois ont pris l’habitude de faire leur choix libre : bon nombre de Bruxellois choisissent et alternent entre des écoles, des institutions d’aide sociale, des évènements culturels, des associations sportives, des formations,… parmi l’offre des communautés. Les institutions bruxelloises n’ont pas subi cette évolution, mais ils ont encouragé cette tendance en optant elles-mêmes dans un grand nombre de cas pour une communication et promotion plurilingue.

Ce comportement d’alternance se fait déjà au sein des autres élections différentes (La Chambre, Le Senat, le Parlement Européen, le conseil communal) : le bruxellois vote différemment d’une élection à l’autre, d’une communauté à l’autre.

Dorénavant l’introduction du deuxième vote est logique et légitime : en passant par l’isoloir, le bruxellois reçoit une voix à la gestion des institutions qu’il utilise, ou même dans lesquelles il s’engage et participe activement. En ignorant l’appartenance linguistique.

L’adaptation de la démocratie bruxelloise à la réalité bruxelloise

Souvent, les politiciens bruxellois ont un rapport fort avec leur groupe linguistique, parce que la langue est très importante pour les habitants de cette région. Mais ce lien avec la langue n’est plus exclusif. Dans cette ville, on ne trouve pas des murs entre néerlandophones, francophones, bilingues et multilingues.
Ainsi l’introduction du deuxième vote porte en soi un autre argument décisif : il renforce la cohésion de la ville.

On peux s’imaginer qu’un politicien bruxellois s’adresse aux citoyens des deux groupes linguistiques. Qu’il prête l’oreille aux francophones et néerlandophones, qu’il lance une campagne bilingue, afin de convaincre les citoyens dans leurs propre langue. On peux s’imaginer que ce politicien fait son combat pour une bonne gouvernance pour tous les bruxellois, dépassant les différences linguistiques.
On peux s’imaginer la naissance d’une nouvelle génération de politiciens et administrateurs qui ne sont point perturbés, ni jugés par leur appartenance linguistique, à cause de ce deuxième vote. Ils peuvent se concentrer sur la bonne gouvernance alors que tous les citoyens bruxellois des deux groupes linguistiques, peuvent s’exprimer dans la politique menée.

Par ces arguments, voilà ma proposition d’accorder aux bruxellois le deuxième vote, afin d’avoir la possibilité d’envoyer quelqu’un d’un autre groupe linguistique au parlement bruxellois. Cette possibilité simple soutient le libre choix, la cohésion et la démocratie dans notre région.

Sven Gatz est député Flamand pour Bruxelles et chef de groupe de Open Vld.
Plus d’infos et des explications techniques concernant « Le deuxième vote pour les Bruxellois » :
www.gatz.be

Lisez ici la proposition de loi spéciale modifiant la loi spéciale du 12 janvier 1989 relative aux institutions bruxelloises.