Dix nouvelles écoles nécessaires |
18 mars 2009 |
Est-ce qu'il y a un manque d'écoles néerlandophone à Bruxelles? Vanhengel explique: lire l'étude ici Lors de mes visites aux écoles au cours de ces dernières sept années, j'ai constaté que de nombreuses écoles néerlandophones à Bruxelles sont confrontées à un manque de places. Le nombre d'élèves continue d'augmenter. Le taux de natalité est également en hausse. En 2007, 16.161 bébés sont nés- ce qui équivaut au nombre d'habitants de la commune de Diksmuide. Cette tendance à la hausse se fait sentir déjà depuis quelques temps. Tendance inverse : du français vers le néerlandais Le succès de l'enseignement néerlandophone à Bruxelles est un phénomène récent. Lorsque j'enseignais, il y a trente ans, je ne devais pas seulement trouver des élèves, j'allais tous les matins en chercher trois en voiture pour les conduire à l'école. Les parents néerlandophones préféraient envoyer leurs enfants dans l'enseignement francophone parce qu'ils supposaient qu'ils auraient ainsi davantage de chances de trouver un bon job par la suite. Aujourd'hui, nous constatons le phénomène inverse. Les familles francophones et allophones préfèrent l'enseignement néerlandophone à Bruxelles et espèrent ainsi que leurs enfants en sortiront polyglottes. Il y a sept ans, lorsque j'étais en charge de l'enseignement au sein de la VGC, l'enseignement communautaire à Bruxelles envisageait de se séparer des bâtiments sis rue de la braie (à 5 minutes de la Grand'Place) et de les vendre faute d'élèves. Je me suis battu à l'époque pour que cela n'ait pas lieu. Heureusement. L'école a entre-temps été reconstruite et un nouvel établissement a même vu le jour, à savoir De Klimpaal à Molenbeek-Saint-Jean. Toutes les parties concernées (les directions d'écoles, les pouvoirs organisateurs, les députés, les ministres....) n'étaient pas convaincues de l'intérêt d'un élargissement de capacité. Cela a donné lieu à de vives discussions entre partisans et opposants. C'est pourquoi, l'an dernier, j'ai commandé une étude scientifique pour objectiver et étayer ma constatation empirique. Bombe à retardement démographique Le fait que le taux de natalité est en augmentation constante ces dernières années, est connu de tous. Nous devions donc mettre cette donnée en relation avec le nombre de places dans les écoles. La mission a été confiée au Professeur de la VUB, Rudi Janssens, spécialisé dans les études bruxelloises. Sa conclusion est que dans les six prochaines années, nous aurons besoin de moitié plus de places que celles disponibles en 2000. Ce qui est énorme. Aujourd'hui déjà, l'enseignement néerlandophone compte un peu plus d'un cinquième des enfants bruxellois. Si nous voulons suivre la tendance, et que nous partons du postulat qu'1/5 des nouvelles naissances se retrouveront dans le circuit néerlandophone et que 4/5 ira dans l'enseignement francophone, les deux communautés doivent élargir considérablement leur capacité scolaire. Les besoins pour l'enseignement néerlandophone sont les plus cuisants à Bruxelles-Ville, Saint-Josse, Laeken, Schaerbeek, Ganshoren et Molenbeek-Saint-Jean. Aujourd'hui, nous comptons 12.000 enfants dans l'enseignement maternel et 13.000 écoliers dans l'enseignement primaire, répartis dans 135 établissements. Plus d'écoles néerlandophones, mais de moins en moins d'enfants néerlandophones Voilà le fond de la discussion. C'est également la raison pour laquelle certains collègues évitent le débat, ou le considèrent comme inexistant. La grande majorité des enfants sont d'origine allophone. Le parents ont droit au meilleur choix pour leurs enfants. S'ils décident que leur meilleur choix est l'enseignement néerlandophone, la politique doit suivre. Ils font d'ailleurs le bon choix. L'enseignement néerlandophone compte moins de doubleurs que l'enseignement francophone. (et d'ailleurs moins aussi qu'à Gand et à Anvers). Il y a une dizaine d'années, les Flamands bruxellois inscrivaient leurs enfants dans l'enseignement francophone pour améliorer leurs chances de réussite sur le marché du travail. Aujourd'hui, on constate le phémomène inverse, mais la raison reste la même. Une mission impossible ? Nous ne commençons pas à zéro. Au cours des sept dernières années, nous avons déjà fourni, avec l'aide de la VGC (commission communautaire flamande), des efforts gigantesques afin de mettre au mieux à profit la capacité existante. Des dizaines de dossiers de construction ont été achevés et nous poursuivons sur cette lancée. L'étude se base sur l'année 2000. Entre-temps, des projets pour de nouveaux bâtiments ont déjà été développés. Au mois de septembre, un tout nouvel établissement scolaire ouvrira les portes dans le Quartier du Port, situé derrière Tour & Taxis à Laeken – pouvant accueillir 130 écoliers. Quoi qu'il en soit, il est évident, en ce qui me concerne, que la VGC devra investir tous les moyens pour les écoles, dans les dix prochaines années. Si la communauté flamande a un rôle à jouer à Bruxelles, c'est bien celui d'investir dans l'enseignement. Cela vaut d'ailleurs aussi pour la garderie et pour les loisirs des jeunes. |


Bruxelles aura besoin dans les prochaines années de moitié plus d'écoles